Tesla Roadster : la production confirmée à Giga Texas, mais le calendrier de présentation glisse encore
Neuf ans. Neuf ans que le Tesla Roadster fait vibrer les foules sur des slides de présentation, dans des vidéos concept et dans les tweets d’Elon Musk. Et neuf ans qu’on attend de le voir rouler pour de vrai.
Cette semaine, une nouvelle info vient alimenter le dossier — et comme souvent avec Tesla, elle est à double tranchant : une bonne nouvelle concrète, et un calendrier qui s’évapore une fois de plus. Vous connaissez la chanson.
La source, c’est Lars Moravy, VP Engineering de Tesla, qui s’est exprimé dans le podcast Ride the Lightning. Un format plutôt fiable, avec un interlocuteur qui connaît ses dossiers. Ce qu’il a dit mérite qu’on s’y attarde — sans sur-interpréter, mais sans minimiser non plus.
Giga Texas : le lieu de naissance officiel du Roadster est enfin confirmé
C’est la vraie info de la semaine : le Tesla Roadster sera fabriqué à Gigafactory Texas, à Austin. Lars Moravy l’a confirmé explicitement — et c’est, à ma connaissance, la première confirmation officielle du site de production.
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Pourquoi c’est notable ? Parce que jusqu’ici, on naviguait entre rumeurs et suppositions. Là, un responsable technique de haut rang pose un fait : l’usine est identifiée, le projet est localisé.
Giga Texas n’est pas non plus une usine qui tourne à vide. Depuis le lancement du Cybercab en avril 2026, le site est clairement passé en mode “nouveaux modèles”. L’infrastructure est là, les équipes sont rodées. C’est un signal logistique positif.
Cela dit — et c’est important — une confirmation de site de production, ce n’est pas une date de livraison. Ne mélangeons pas les deux. On sait où le Roadster naîtra. On ne sait toujours pas quand.

Mai 2026 ne sera pas le mois du Roadster (surprise…)
Lors du dernier Earnings Call, Elon Musk avait laissé entendre qu’une présentation pourrait intervenir en mai 2026. Les réservants avaient (prudemment) noté la date.
Sauf que Lars Moravy, lui, formule les choses très différemment. Sa phrase exacte : “you’ll start to see a lot of things unfold in the next months”.
Traduit honnêtement : “dans les prochains mois”. Ce qui peut vouloir dire juin 2026. Ou septembre. Ou décembre. Ou… on verra.
Pour celles et ceux qui ont posé un acompte dès 2017, cette formulation volontairement floue a de quoi agacer. Et franchement, c’est compréhensible.
Ce que “next months” signifie (ou pas) dans le vocabulaire Tesla
Tesla a une longue tradition du langage corporate élastique sur les délais. “Soon”, “next year”, “coming months” — autant de formules qui ont appris aux observateurs à ne pas sortir le champagne trop vite.
On se souvient du Cybertruck annoncé “pour 2021”, des premières livraisons du Semi repoussées plusieurs fois, du Full Self-Driving “imminent” pendant des années. Ce n’est pas un hasard si la communauté Tesla a développé un véritable lexique interne pour décoder ces annonces.
Mon conseil : rester attentif sans s’emballer. L’info de Giga Texas est réelle et positive. La date de présentation, elle, reste dans le brouillard.
La saga des retards : du choc de 2017 à aujourd’hui
Retour en arrière. Novembre 2017. Tesla présente deux véhicules le même soir, en back-to-back. D’abord le Semi électrique. Puis, surprise totale, le Roadster nouvelle génération. La foule est debout. Les chiffres annoncés — 0 à 100 km/h en moins de 2 secondes, 1 000 km d’autonomie — semblent relever de la science-fiction.
La date de livraison initiale ? 2020. On connaît la suite.
La pandémie de COVID est passée par là. Les priorités de Tesla ont été redistribuées vers les modèles de grande série — Model Y en tête, puis Cybertruck. Le Roadster, véhicule vitrine à faibles volumes, a été mis en attente.
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Et puis il y a le projet Tesla x SpaceX de sustentation (hovering) — cette idée folle d’intégrer des propulseurs à air comprimé issus de la technologie SpaceX pour permettre au Roadster de littéralement décoller brièvement. Une ambition démesurée qui a, selon toute vraisemblance, considérablement complexifié le développement.
Le Roadster vs le Semi : deux destins très différents
L’élément qui fait le plus mal dans cette histoire ? le Tesla Semi, présenté en même temps que le Roadster en 2017, est lui déjà en production et sur les routes. Jay Leno a même pu en faire l’essai.
Deux véhicules. Même soirée de présentation. Trajectoires radicalement opposées.
Ce que ça révèle ? Les priorités industrielles de Tesla sont claires : les véhicules qui génèrent du chiffre d’affaires passent avant les halo cars. Le Semi, même en petits volumes, répond à une demande réelle du marché B2B. Le Roadster, lui, est avant tout un symbole — un manifeste sur roues destiné à montrer ce dont l’électrique est capable.
Ce n’est pas une critique, c’est une réalité business. Mais pour les réservants qui attendent depuis sept à neuf ans, l’argument est difficile à avaler.

Ce qu’on sait vraiment du Roadster final
Faisons le point sur ce qui est confirmé ou fortement probable à ce stade :
- Il sera fabriqué à Giga Texas — confirmation officielle de Lars Moravy
- Il aura un volant — Elon Musk l’a lui-même qualifié de “best of the last of the human-driven cars”, une formulation qui donne au véhicule une dimension presque testamentaire
- Les ambitions de performance restent vertigineuses sur le papier : 0 à 100 km/h en moins de 2 secondes, plus de 1 000 km d’autonomie annoncée, vitesse de pointe au-delà de 400 km/h
- Une présentation est attendue “dans les prochains mois” — à prendre avec les précautions d’usage
Ce qui reste flou, en revanche :
- Le projet de pack SpaceX Thruster — toujours d’actualité ou discrètement abandonné ? Personne ne le confirme clairement à ce stade
- Le prix final et les conditions pour les réservants historiques
- La date de début de production en série
Ce que je retiens de tout ça : la confirmation de Giga Texas est un signal positif réel. Ce n’est pas rien. C’est un ancrage concret dans la réalité industrielle de Tesla, pas une promesse en l’air.
Mais les réservants — et je les comprends — ont appris à leur dépens de ne pas célébrer trop tôt. L’histoire du Roadster est jalonnée de bonnes nouvelles qui n’ont pas suffi à tenir le calendrier. les experts consultés sur les dynamiques industrielles de l’électrique rappellent d’ailleurs que les véhicules à très hautes performances restent les plus complexes à industrialiser, même pour des constructeurs rodés.
La prochaine étape à surveiller ? Une vraie présentation officielle, avec un prototype roulant et une fenêtre de livraison crédible. Ce jour-là, on pourra commencer à y croire pour de bon.
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