Starship Vol 14 : cap sur l’orbite le 22 septembre

Starship Vol 14 : cap sur l'orbite le 22 septembre

Starship Vol 14 : SpaceX vise l’orbite pour la première fois le 22 septembre

Le 22 septembre, SpaceX va tenter quelque chose qu’elle n’a jamais réussi avec Starship : atteindre l’orbite. Pas la survoler, pas s’en approcher — l’atteindre vraiment, en tournant autour de la Terre pendant plusieurs heures.

Treize vols. Treize missions suborbitales, toutes pensées pour tester progressivement le système. Le Vol 14 change de catégorie. Ce n’est pas une évolution marginale dans le programme — c’est un saut qualitatif, et je pense qu’on mesure encore mal ce que ça représente.

De la suborbite à l’orbite : ce qui change vraiment avec le Vol 14

On entend souvent « vol orbital » comme si c’était juste « aller plus haut ». Ce n’est pas ça du tout.

Suborbital, c’est simple : on monte, on redescend. L’orbite, c’est autre chose. Pour rester en orbite, il faut atteindre une vitesse horizontale d’environ 28 000 km/h. C’est cette vitesse qui fait que tu « tombes » autour de la Terre plutôt que vers elle. L’altitude, c’est presque secondaire.

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Les 13 vols précédents n’ont jamais atteint l’orbite, mais ce n’était pas un échec — c’était voulu. SpaceX avançait par étapes : valider la séparation des étages, tester le bouclier thermique, affiner la récupération du booster. Chaque vol avait ses objectifs propres, et ils ont été atteints.

Techniquement, passer à l’orbite implique de maintenir la poussée bien plus longtemps, de gérer la thermique sur la durée, et de synchroniser précisément le calendrier de la mission avec les contraintes orbitales. C’est un autre niveau de complexité.

Si ça marche le 22 septembre, Starship rejoint une liste très courte de systèmes capables de mise en premier vol orbital avec une charge utile lourde. Très courte.

Starship Vol 14 : cap sur l'orbite le 22 septembre

Fenêtre de lancement, trajectoire et amerrissage : les détails opérationnels

Voilà tout ce qu’il faut savoir pour suivre ça en direct depuis la France.

  • La fenêtre de lancement dure 75 minutes, avec une ouverture à 13h15 heure de Paris — idéal pour ne pas rater le décollage en plein après-midi
  • Décollage depuis Starbase, Boca Chica, Texas
  • Altitude cible : ~275 km, soit approximativement l’altitude de l’ISS
  • Environ 6 orbites complètes autour de la Terre
  • Durée totale de la mission : ~10 heures

Côté géographie, il y a une nouveauté importante : l’amerrissage dans le Pacifique, à l’ouest du Chili. Les vols précédents visaient l’océan Indien — ce changement s’explique par la trajectoire orbitale complète, qui amène naturellement le vaisseau à survoler différentes zones.

Pour le Super Heavy Booster, SpaceX tentera une récupération offshore dans le Golfe d’Amérique. Pas de récupération par la tour Mechazilla cette fois — j’y reviens plus bas. Et comme toujours, la date reste conditionnelle à l’approbation de la FAA.

Ce vol n’est pas « juste » un test. Il embarque 20 satellites Starlink V3, et leur mise en orbite est un objectif opérationnel à part entière.

Petite piqûre de rappel : les satellites Starlink V3 embarqués lors du Vol 13 sont rentrés avec le vaisseau sans avoir été déployés, faute d’orbite atteinte. Ces 20 satellites ont donc attendu. Le Vol 14, c’est leur deuxième chance — et la nôtre de voir ce que la V3 donne vraiment.

Ce que représente cette génération concrètement : environ 1 térabit/seconde en downlink par satellite. C’est un bond de capacité significatif par rapport aux générations précédentes. Pour les utilisateurs Starlink — y compris ceux qui l’utilisent dans leur Tesla ou en mobilité — chaque satellite V3 déployé, c’est de la capacité réseau en plus, directement.

Ce vol est autant une livraison qu’un test. Les deux à la fois. C’est ça qui change l’échelle de ce que SpaceX construit.

Starship Vol 14 : cap sur l'orbite le 22 septembre

Ce que le Vol 13 a rendu possible

Le Vol 14 n’arrive pas de nulle part. Il capitalise sur ce que le Vol 13 a apporté — et ce n’était pas rien.

En juillet 2026, le Vol 13 a livré des résultats globalement positifs, malgré l’objectif d’orbite non atteint. Le point clé : la validation du bouclier thermique lors du Vol 13. La rentrée atmosphérique a fonctionné, les données collectées étaient au-delà des attentes — Musk lui-même parlait de « toutes les données nécessaires et même plus ».

L’amerrissage du Vol 13 était le plus doux jamais réalisé pour Starship. Signal fort sur la réutilisabilité du vaisseau — ce n’est pas un détail quand on vise une cadence de lancement élevée.

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Le Vol 13 n’était pas parfait. Mais c’est exactement ça, la démarche itérative de SpaceX : chaque vol construit sur le précédent, accumule de la confiance, et permet de franchir l’étape suivante. Le Vol 14 dépense cette confiance accumulée pour passer à l’orbite.

Ce que le Vol 14 ne tentera pas encore

Autant être honnête sur les limites du vol, pour éviter toute déception post-lancement.

La décision de repousser la capture du vaisseau pour ce Vol 14 est assumée et explicite : Musk a clairement indiqué que la tentative de récupération par la tour Mechazilla était repoussée à « dans quelques mois ». Ce n’est pas un renoncement — c’est une logique de progression. L’orbite d’abord. La récupération complète ensuite.

Pour le Super Heavy Booster, la tentative de récupération offshore dans le Golfe d’Amérique représente déjà une évolution par rapport aux vols précédents — mais ce n’est pas encore la récupération tour complète.

Ce qu’on attend pour les vols suivants :

  • Montée en cadence des lancements
  • Récupération du vaisseau par Mechazilla
  • Et à terme, les fameux 30 vols par jour évoqués par Musk — ambitieux, mais cohérent avec l’infrastructure construite à Boca Chica

Le Vol 14 n’est pas la destination finale du programme Starship. C’est un palier — mais un palier décisif. Passer à l’orbite, c’est valider que le système fonctionne dans sa globalité, pas juste en conditions de test partiel. Et comme le rappellent les experts consultés sur la mécanique orbitale, franchir ce seuil transforme fondamentalement ce qu’un lanceur peut faire et pour qui il peut le faire.

Le 22 septembre à 13h15, j’ai rendez-vous devant un écran. Et je pense que tu devrais aussi.

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