Quand Elon Musk dit que quelque chose est « more likely than not », j’ai appris à prendre ça au sérieux — et là, il parle d’attraper le Ship complet avec les bras de la tour de lancement. Pour la première fois. C’était le 20 octobre 2026, pendant l’Earnings Call Q3, et j’ai regardé ça avec l’impression d’assister à une annonce qui allait marquer l’histoire. La fenêtre visée : novembre 2026, avant Thanksgiving. Le Vol 15 de Starship n’est pas un vol de plus — c’est potentiellement le moment où la boucle se ferme enfin.
Pourquoi le Vol 15 est une étape historique pour Starship
Le Super Heavy Booster a déjà été rattrapé trois fois — Vols 5, 7 et 8 — et honnêtement, c’est presque devenu banal tellement SpaceX a rendu ça propre. Mais le Ship, lui, n’a jamais été récupéré. Jusqu’ici, il amerrissait dans l’océan Indien, comme lors du Vol 14 le 28 septembre 2026.
C’est là que le Vol 15 change tout. L’annonce de Musk sur la capture du Ship implique une chose concrète et massive : pour la première fois, Booster et Ship seraient récupérés le même jour, sur la même tour. Un double catch inédit dans toute l’histoire spatiale.
Ce que ça signifie concrètement :
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- Plus de repêchage maritime coûteux et chronophage
- Aucune dégradation par l’eau salée sur les composants du Ship
- Délai de refurbishment drastiquement réduit
- La boucle de réutilisation fermée enfin — les deux étages récupérés, remis en condition, et relancés
C’est ça, la première récupération complète d’un lanceur orbital. Pas juste un exploit technique — une révolution économique.

Comment SpaceX compte attraper le Ship : la séquence décryptée
Le belly flop : la phase la plus critique
La rentrée atmosphérique du Ship se fait ventre en avant — c’est ce qu’on appelle le belly flop. Imagine un parachutiste en chute libre qui utilise son corps pour freiner. Le Ship fait pareil, mais à des vitesses hypersoniques et dans des températures qui dépassent l’entendement.
Les volets du Ship — deux à l’avant, deux à l’arrière — contrôlent l’attitude pendant toute cette phase. Et le bouclier thermique doit tenir. C’est lui qui encaisse la chaleur générée par la compression de l’air. SpaceX a d’ailleurs publié une animation lors de l’Earnings Call qui vulgarise bien cette séquence : on voit clairement à quel point la marge d’erreur est serrée.
Le pivot final et la saisie par les chopsticks
Une fois la phase hypersonique passée, le Ship entame son pivot vertical : il passe de l’horizontale à la verticale en quelques secondes, à basse altitude. Les moteurs Raptor se rallument pour contrôler la descente finale vers la tour Mechazilla.
Et là, les bras chopsticks entrent en jeu. Ils doivent se positionner avec une précision de quelques dizaines de centimètres pour saisir le Ship au bon endroit. Ce qui différencie cette capture de celle du Booster, c’est la masse, la trajectoire, et la marge d’erreur encore plus serrée. Le Booster est massif et relativement lent à l’approche — le Ship, lui, arrive dans une configuration plus délicate, après une rentrée atmosphérique bien plus éprouvante.
Ship 42 : les préparatifs concrets avant le lancement
SpaceX ne s’improvise pas — et les préparatifs du Ship 42 le montrent clairement. Voici ce qui a déjà été réalisé avant même le static fire :
- Capture simulée sur le Pad 2 : le Ship 42 a été positionné en configuration de saisie pour vérifier que la géométrie est compatible avec les bras de la tour
- Tests cryogéniques : les réservoirs ont été mis sous pression avec de l’azote liquide pour valider l’intégrité structurelle
- Retrait des moteurs avant le static fire : procédure standard pour isoler les variables et ne tester qu’un système à la fois
Tout ça repose sur une base technique solide : le premier vol orbital réel de Starship, le 28 septembre 2026, avec déploiement de 26 satellites Starlink V3 et amerrissage contrôlé. Le Vol 15 ne part pas de zéro — il s’appuie sur tout ce que le Vol 14 a validé.

Ce que dit la FAA : le verrou réglementaire presque levé
Voilà le point que beaucoup sous-estiment. Amerrir dans l’océan, c’est risque maîtrisé et dossier simple. Mais rentrer vers la terre ferme et se faire attraper par une tour — ça, ça exige un niveau de fiabilité prouvé que la FAA doit valider formellement.
Gwynne Shotwell a été claire pendant l’Earnings Call : la licence FAA Flight 15 devrait inclure à la fois le retour au site de lancement et la capture des deux étages. Elle parle d' »engagements constructifs » avec la FAA — et dans la bouche de Shotwell, c’est un signal fort.
Nuance importante : l’autorisation n’était pas encore formellement délivrée au moment de l’annonce. Elle dit « devrait » — pas « est accordée ». Mais la FAA ne valide pas des espoirs, elle valide des démonstrations techniques. Et si elle est en discussion avancée, c’est que les dossiers tiennent la route.
Sans cette licence, impossible d’accélérer vers la cadence de vols que SpaceX vise. Le verrou réglementaire, c’est le dernier obstacle avant l’accélération.
Quelle cadence de vols après le Vol 15 ?
Si la capture réussit, le calendrier s’emballe. La feuille de route annoncée est ambitieuse :
- Vols hebdomadaires dès le premier semestre 2027
- Deux lancements par semaine à partir de fin 2027
- Vol 16 potentiellement avec les deux étages réutilisés sans refurbishment — ce serait la validation définitive du modèle économique
Musk a évoqué 30 vols par jour à terme. Je ne vais pas en faire le cœur du propos — on en est loin — mais ça contextualise l’ambition derrière chaque étape franchie aujourd’hui.
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Ce que cette cadence change concrètement : le coût de lancement divisé, Starlink V3 déployé à grande échelle, et les missions vers la Lune et Mars qui deviennent économiquement crédibles. Pour tout savoir sur la feuille de route vers des vols multiples par semaine, j’ai détaillé ça dans un article dédié.
Le Vol 15 n’est pas une fin — c’est un démarrage. Si la réutilisation sans refurbishment est validée dès le Vol 16, tout s’accélère. La cadence de lancement passe d’une ambition sur tableau blanc à une réalité opérationnelle. Et c’est là que Starship cesse d’être un programme de démonstration pour devenir une infrastructure spatiale. Les experts consultés sur le site de la FAA permettent de suivre l’évolution des autorisations réglementaires en temps réel — un repère utile pour comprendre ce qui conditionne réellement le calendrier de SpaceX.
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